C'était une compétition
J'ai découvert le plat népalais
Malgré la fatigue et les petits maux,
En résumé, mon corps est rentré mais ma tête est toujours là-bas....
Un blog afin d'essayer de vous faire partager ma passion

La 1ère étape part vite. La journée de bus de la veille se fait sentir dans les muscles endormis. Moins d’une heure après le départ…nous (une dizaine de coureurs) sommes perdus !! En effet, ils sembleraient que les enfants enlèvent la rubalise pour jouer avec...Un paysan nous guide en pleine pente à travers champ. Nous avons presque du mal à le suivre et …il est en TONG ! Bref, comme disait ce cher rené : « c’est le jeu !!! » et on a joué (certains plus que d’autres) car la rubalise s’est fait par moment…désirer. A la fin de cette étape, il y a déjà de la casse : un asthme mal équilibré et une déchirure musculaire non cicatrisée accompagnée d’une incapacité à s’alimenter.
Je n’ai pas encore expliqué ce qui se passe une fois la ligne d’arrivée franchie. En fait, les choses se déroulent un peu toujours de la même manière. On nous offre, tout d’abord, un verre de « Tang » plus ou moins chaud (genre de jus de fruit chimique en poudre). Ensuite, en fonction de son état, de son envie, on se change à l’aide des vêtements qu’on emporte dans notre sac après s’être douché (la température des douches est très variable mais dans l’ensemble, on n’a pas eu à se plaindre) ou avoir utilisé les lingettes. Puis, on se restaure avec une soupe, du riz et des frites (beaucoup plus digeste et meilleurs que les nôtres, enfin c’est ce qu’on a trouvé !). Ce repas ainsi que celui du soir est préparé par notre équipe de cuisiniers. Nos sacs arrivent plus tard avec les porteurs. Ceux-ci partent, en général, une heure avant nous et leur heure d’arrivée est très variable en fonction des étapes. C’est pourquoi, nous prenons le nécessaire pour
se changer et ne pas avoir froid en les attendant. Ils inspirent le respect, ils font exactement le même parcours que nous mais avec une charge de minimum 15kg sur le dos. Nous en croisons beaucoup sur le parcours avec des charge très variables et certains même très jeunes. C’est leur principal moyen de ravitaillement même si il existe également les yaks. Tout le staff est aux petits soins avec nous et anticipe le moindre de nos besoins. Je parle du staff mais tout le monde est adorable: nous sommes partout très bien accueillis et même encouragés, nous excitons même souvent la curiosité (J’avoue avoir eu par moment un peu honte de me faire encourager par les porteurs qui portaient 5 à 10 fois ma charge et qui, eux, travaillaient pendant que je m’amusais).
La 4ème étape est agréable, sans grosse difficulté, constituée essentiellement du fameux plat népalais qui monte et descend tout le temps ! Dawa a, semble-t-il, annoncé des temps volontairement plus élevé afin de nous préserver…C’est donc surpris d’en terminer aussi tôt que chacun passe la ligne d’arrivée.
couvrir sa famille et nous raconte un peu plus son histoire. Nous sommes très bien accueilli dans chaque maison, impossible d’ailleurs de refuser le thé qu’ils nous offrent à chaque fois avec une grande gentillesse, cela leur tient à cœur. C’est le doc qui pouvait être content : la diurèse a largement été stimulée…Et même peut-être un peu plus pour moi… le lendemain je suis mise «hors jeu » par le syndrome gastro…et fais l’étape plus ou moins en mode rando (enfin tout du moins avec un plaisir disons restreint…). Le point de départ et d’arrivée (Poyan 2835m) de cette 5ème étape ont pratiquement la même altitude mais entre les deux, il y a la vallée 1000m plus bas donc en résumé : on descend …et on remonte !
un lac situé un peu plus haut (environ 7km) avec 10 minutes d’arrêt obligatoire entre, afin d’apprécier le paysage. J’avoue avoir forcé sur cette étape, surtout à la descente : je n’avais aucune envie d’être rattrapée et au final, je n’étais même pas talonnée. C’est ça de ne jamais se retourner…Enfin, bref, au final, une bonne dyspnée et une quinte de toux pour la journée et qui en soirée m’ont bien fait psychoter... En effet, au diner, pour la 2ème fois de la journée, le caisson hyperbare a dû être sorti mais heureusement, toujours pas pour un de nous. Cela nous a tous bien refroidi et encore plus incité à la sécurité pour l’étape du lendemain.
J’effectue tranquillement cette 10ème étape avec Céline. Le passage au col du Cho La (5330m) offre un somptueux point de vu, même si l’arrêt est bref. En effet, il ne fait pas chaud et il reste un bon bout de glacier à passer. La traversée est un peu acrobatique mais sans grande dangerosité, elle se termine part une descente dans des blocs. La remontée sur Lobouche (4910m) se fait un peu longuette mais sans difficulté (si ce n’est la rubalise qui est absente : cela vaudra un détour par le village d’en dessous pour certains…). Ce soir-là, nous n’avons ni notre caisson, ni notre médecin officiel (2 autres médecins sont présents mais en temps que coureurs). Nous prenons donc la décision de neutraliser l’étape du lendemain.
se fait donc sans pression, par groupe de niveau. Nous avons ainsi bien pu profiter du paysage et réaliser de nombreuses photos et vidéos. Nous redescendons à Lobouche puis Dingboche(4410m) après le déjeuner. La journée a été longue et fatigante. Nous ne tardons donc pas à aller nous coucher. En pleine nuit, nous sommes réveillés par la recherche du caisson...De nouveau, un touriste est en difficulté, une vie en danger. Après s’être assuré qu’aucune aide n’était nécessaire, nous tentons de nous rendormir mais le sommeil est un peu long à revenir.
aucoup !!! De plus, pour la 1ère fois, ce matin, le soleil n’est pas là et le vent souffle légèrement. Nous avons donc un peu de mal à nous mettre en route. Le moral est encore un peu plus entamé car le Nupste base Camp (4745m) se fait désirer…Nous savons qu’il doit être encore bien loin car nous n’avons toujours pas croisé les premiers (La 11ème étape est constitué d’un aller-retour de Dingboche à Nupste base camp enchainé avec la descente sur Tengboche 3860m). Nous finissons donc par croiser des coureurs mais de manière assez espacée. Le moral est donc un peu amélioré même si le grésil et le froid le mettent à rude épreuve. Je ne m’attarde pas au base camp : j’ai l’onglet et le paysage n’est pas dégagé. La descente est longue mais assez agréable enfin surtout la 2ème partie de Dingboche à Tengboche car plus on descend, plus le soleil revient. Au final, nous aurons fait 28 km pour 20 annoncés. 

Le Kalapathar est le sommet le plus haut que nous ayons fait (5545m). Il devait être le lieu d'arriver de la 11ème étape mais les évènements de la veille ont fait que nous (les coureurs) avons voté la neutralisation de cette étape.
En effet, lors de la 10ème étape, un reporter qui venait suivre notre course... et qui n'avait pas pris le temps de s'acclimater, a fait un MAM=Mal Aigu des Montagnes lors de la montée au Cho La (5340m). Il a nécessité des soins médicaux d'urgence avec notament l'utilisation du caisson hyperbare (permet de diminuer l'altitude de 1000m et donc la pression responsable d'oedèmes cérébral et pulmonaire). Une fois qu'il a été momentanément stabilisé, il est redescendu accompagné du médecin et du caisson. Il s'agissait de la 3ème personne dont l'état de santé nécessitait l'utilisation du caisson :2 touristes en avaient eu besoin et juste la veille. Ces "caissonnages" sont très impressionnants surtout, que sans notre caisson et notre équipe médicale ... et bien ils auraient été secourus "à l'ancienne". C'est à dire redescendu en catastrophe à dos de porteur ou de yak...Chaque année, des gens meurent de MAM. La montagne est belle, elle peut être accesible mais ...il ne faut pas faire n'importe quoi: s'écouter quand on a mal à la tête, ralentir et si ça ne passe pas avec du paracétamol...redescendre mais aussi prendre le temps de s'acclimater (d'une nuit à l'autre, on ne devrait avoir que 400m d'altitude de différence pour s'acclimater au mieux). Au final, il faut rester humble... La montagne, c'est elle qui décide!
J'ai été choqué par la réflexion de la femme d'un des gars qui a fait un MAM: "Trek finish" qu'elle disait à son porteur pendant que son mari était mal au point dans le caisson... Moi je me disais "Ouai ba vaut peut-être mieux Trek Finish que... Mari finish!"
Bref,tout ça pour vous expliquer pourquoi nous avons choisi de neutraliser la 11ème étape! La compétition, c'est bien mais le plaisir avant tout!!!
Nous sommes donc montés tranquillement en marchant et ça suffisait largement (il n'y avait pas de neige mais un vent assez froid soufflait et puis... on sentait tout de même qu'on était haut et ...que ça montait!). Mais la récompense était au sommet: c'était magnifique! On se sentait même ...petit devant tout ces sommets enneigés bien plus élevés et ... bien moins accèsibles.
Voici une petite vidéo tournée au Sommet du Goyko Ri (5360m) après une montée bien raide (500m de dénivellée +) en plein pierrier...Il faut également préciser que, juste avant, nous étions montés au Rinjo La qui est également au-dessus des 5000m (5340m).
Il s'agit également de l'arrivée de la 8ème étape.